Quel avenir judiciaire pour Fillon?

Le premier tour des élections Présidentielles 2017 avance à grand pas et les partisans/sympathisants du Parti Républicain ne sont pas certains de pouvoir voter pour François Fillon. En effet, le vainqueur de la primaire à droite est soupçonné d’avoir attribué un emploi fictif à son épouse et l’enquête menée par la justice semble toucher à sa fin.

Un rapport de synthèse rédigé par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) sera transmis au Parquet National Financier (PNF). Il doit rendre de compte de leurs investigations qui ne concernent pas seulement Pénélope Fillon, l’épouse de l’ancien premier ministre, mais également les deux enfants du couple. Le candidat à la présidence de la république est soupçonné de détournement de fonds publics et d’abus sociaux. Même si la justice le relaxe dans son dossier, cela va s’en dire que son image sera largement écornée.

La procureure de la République peut classer l’affaire sans suite, ouvrir une information judiciaire ou opter pour la citation directe devant un tribunal correctionnel. La première décision déboucherait sur la fin de l’enquête même si des rebondissements ne sont pas à exclure comme “une association anti-corruption [déposant] une plainte par la suite” comme le souligne dans Marianne le professeur de droit pénal Didier Rebut. La pire issue pour François Fillon serait d’être renvoyé directement devant un tribunal correctionnel. Ce n’est pas l’hypothèse la plus probable mais elle concerne tout de même plus de 7 affaires sur 10 traitées par le PNF.

Selon Le Parisien, la procureure Eliane Houlette a de fortes chances d’ouvrir une information judiciaire sous l’autorité d’un juge d’instruction. Une information judiciaire n’aboutit pas systématiquement à une mise examen. Une ordonnance de non-lieu est en effet susceptible d’être rendu, et c’est forcément le destin qu’espère François Fillon, si l’affaire n’est pas initialement classée sans suite.